Les types de planchers de bois franc les plus résistants

Les types de planchers de bois franc les plus résistants

Lorsqu’on choisit le matériau pour la construction d’un plancher de bois franc, de nombreux paramètres sont à considérer afin d’en conserver les propriétés avec le temps et l’usure normale. On étudiera au cas par cas les conditions climatiques environnantes, les conditions d’humidité à l’intérieur de l’habitation et la résistance du bois utilisé. Toutes les essences ne conviendront pas et chacune affiche des caractéristiques à bien connaître, au-delà des seuls critères esthétiques.

Dureté et résistance d’un plancher de bois franc

La dureté d’une essence fait-elle la résistance ? C’est une question souvent posée au sujet des planchers de bois franc au moment de sélectionner le matériau à poser.

On distingue deux types d’arbres dont on utilisera la précieuse matière en construction : les feuillus, qui fourniront des essences de bois durs, et les résineux, tels le pin, le sapin et l’épinette, qui sont des bois mous. Parmi les feuillus les plus utilisés en construction au Québec, par leur abondance, il y aura par exemple :

  • l’érable
  • le chêne (rouge ou blanc)
  • le merisier (ou bouleau jaune)
  • le frêne

Les essences de bois mou peuvent convenir au bois d’œuvre (madriers, poutres, solives, etc.) en construction domiciliaire au Canada. En revanche, pour des parties soumises à des contraintes quotidiennes, tel qu’un plancher de bois franc, on préférera les bois durs. Plus résistants aux chocs, ils traverseront les ans sans bouger avec un minimum d’entretien. D’ailleurs, bois franc est synonyme de bois dur.

Les essences exotiques pour plancher de bois franc

Dans les intérieurs les plus raffinés, on trouvera au sol des bois exotiques qualifiés d’extra-durs, qui sont le meilleur choix pour un plancher de bois franc, mais dont le coût correspond à la rareté.

Sur l’échelle de dureté Janka, l’ipé (ou ébène verte), le lapacho et le cumaru (ou guajuvira) sont les bois les plus durs, trois essences d’Amérique du sud particulièrement résistantes. Les planchers réalisés dans ces bois exotiques ont des durées de vie de 40 à 50 ans minimum. En comparaison, le pin banc est 8,7 fois moins dur que l’ipé.

L’ipé est idéalement employé en terrasses, patios, balcons, clôtures et pergolas pour ses caractéristiques exceptionnelles. Il résiste notamment à l’eau et aux UV sans demander d’entretien. Il est cependant vulnérable aux hivers trop secs. Le cumaru peut, de son côté, subir des attaques de lyctes, des coléoptères nuisibles difficiles à détecter.

Les essences de bois recommandées pour un plancher de bois franc

Un bois trop dur est aussi un bois difficile à travailler ou à adapter. De plus, les teintes disponibles ne sont pas variées dans les bois exotiques. C’est pourquoi d’autres essences moins dures et plus malléables sont privilégiées. Même si ces essences affichent un indice de dureté près de trois fois moindre que les bois exotiques sur l’échelle Janka, ils conservent une bonne résistance, bien suffisante pour un plancher de bois franc.

De plus, c’est un avantage pour un parquet de conserver une certaine élasticité. Dans la fourchette acceptable d’indices de dureté pour un plancher de bois franc, on ne descendra pas en-dessous de l’indice du merisier, une essence largement employée au Québec.

Emblématique de la Belle Province avec l’érable, le merisier figure parmi les bois les plus prisés pour le bois d’œuvre. Il offre une grande variété de teintes : du blanc crémeux au brun doré en passant par des reflets rougeâtres.

En remontant l’échelle Janka, on trouvera ensuite :

  • le chêne rouge
  • le hêtre
  • le frêne blanc
  • le chêne banc
  • le bambou
  • l’érable dur

Le chêne blanc tente de s’imposer depuis quelques années parmi les bois préférés des installateurs de planchers de bois franc. Autrefois largement employé en construction navale, c’est un bois d’aspect noble et naturel offrant une palette de couleurs lumineuses, synonyme de longévité et de durabilité.

Le bambou est un choix particulièrement écologique grâce à sa capacité de renouvellement très rapide. Il atteint en effet sa maturité en seulement 5 ans quand il en faut 50 pour la plupart de nos essences locales.

À quoi faire attention avec un plancher de bois franc

Ces essences sont en revanche sensibles aux variations d’humidité. Il faudra impérativement veiller à conserver un taux d’humidité constant dans l’habitation, pour éviter qu’avec le temps apparaissent craquements et autres grincements.

On utilisera un vernis, non pas pour en améliorer la résistance, mais pour protéger le bois. Le rôle du vernis est de sceller et d’imperméabiliser le bois tout en le protégeant des éraflures et égratignures superficielles d’une usure normale. Il facilite en outre l’entretien du plancher.

Les prix d’un plancher de bois franc

Dans les essences traditionnelles (chêne, érable, merisier, cerisier, noyer, etc.) leur prix peut se situer entre 4 $ et 7 $ le pied carré, suivant leur grade. Les essences exotiques (jatoba, cerisier brésilien, koubari, etc.) sont plus chères, entre 7 $ et 10 $ le pied carré, selon l’essence et le grade.

Il est conseillé de se méfier des bois exotiques bon marché ayant beaucoup voyagé (en provenance d’Asie notamment). Le long transport n’est pas leur allié, ni les méthodes de préservation du bois parfois aléatoires.

C’est notamment le cas du bambou, qui n’est plus un choix écologique lorsqu’il est de piètre qualité. Le bambou coupé trop jeune n’apprécie guère les hivers secs du Québec et peut se fendiller. Un bambou de qualité (mature) s’obtient entre 5,50 $ et 6 $ le pied carré.

Enfin, solution intermédiaire, le bois d’ingénierie quant à lui coûtera de 6 $ et 9 $ le pied carré.

Le bois d’ingénierie pour un plancher de bois franc : bonne idée ?

Pour réaliser quelques économies sur la matière première, notamment dans un condo, certains constructeurs ou rénovateurs s’orienteront vers le compromis qu’offre le bois d’ingénierie. C’est un plancher de bois franc en surface qui est associé à plusieurs couches de contreplaqué pour une meilleure stabilité.

Contrairement aux bois bruts il peut de poser sur le béton et résiste mieux à l’humidité. Il s’agit toutefois de vrai bois que l’on peut donc retrouver dans toutes les essences classiques, sur une base prête à coller, à clouer ou à cliquer.